| Santé Intégrative n°15 | |||
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| Au sommaire du numéro 15 ... |
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Le blues
L es articles sur le blues des médecins se sont enchaînés. Chacun y va de son explication : trop de contraintes administratives, trop de travail, manque de médecins… La profession médicale est une de celle qui compte le plus de suicides. Avec les années, les médecins conventionnés ont de moins en moins de libertés. L'Assemblée Nationale contrôle le budget de la sécurité sociale. Les honoraires des médecins, comme les règles de prescription, sont fixés par l'assurance maladie, elle-même contrôlée par l'Etat. Les médecins sont donc presque des fonctionnaires. Puisque l'on accuse les employeurs d'être responsables du taux élevé de suicide de leurs salariés, que doit-on penser de l'Etat vis-à-vis des médecins ?
Le temps moyen de consultation d'un généraliste serait de 7 minutes. Ce rythme effréné est compatible avec une prise en charge des maladies aiguës, mais en aucun cas avec celle des maladies chroniques. Pourtant, ces dernières sont en augmentation constante. Elles nécessitent du temps car elles sont multifactorielles. Les consultations hospitalières pour la douleur l'ont compris depuis longtemps, il faut entre 30 et 60 minutes pour écouter, comprendre, évaluer, diagnostiquer un patient "chronique". Ces consultations hospitalières coûtent beaucoup plus cher à la sécurité sociale en raison du nombre de personnel paramédical impliqué, (secrétariat, entretien, infirmière…), de locaux avec plateau technique développé et du peu d'heures d'activité. Un chiffrage sérieux démontrerait certainement que le coût de ces consultations se rapproche des 200 euros par heure. Les hôpitaux ont compris ce problème, c'est pourquoi ils ferment le plus possible ces consultations chronophages sauf s'ils disposent d'enveloppes de financement supplémentaires. Un des facteurs de la dépression des médecins provient de leur conscience qu'en quelques minutes il ne peuvent pas grand-chose pour environ 60% de leurs patients. L'impuissance devant une situation grave est une des plus grandes sources de stress, surtout quand il existe des possibilités d'action. Le médecin généraliste libéral est donc confronté au choix suivant : 30 minutes par consultation et pour un revenu mensuel s'approchant du SMIC ou quelques minutes, sans réelle possibilité de soin des pathologies chroniques. En attendant que les médecins puissent exercer leur métier dans des conditions décentes pour traiter les maladies chroniques, il ne reste qu'au patient à s'informer le mieux possible pour se prendre en charge. C'est pourquoi, les auteurs de Santé Intégrative vous proposent une information sérieuse. |
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Docteur Philippe Tournesac |
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